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Une fine pellicule de sable se mêlait à l’air moite, sur fond de chocs métalliques.
Dans l’arène, deux hommes croisaient le fer.
Le petit moustachu aux attaques félines affrontait un jeune novice vêtu de la traditionnelle armure d’entrainement en cuir clouté. Une cote aux larges bandes de peaux renforcées de clous reflétant les rayons de soleil ceignait le torse du garçon essoufflé. La réglementaire jupe de cuir accompagnait ses mouvements, retombant durement sur ses cuisses musclées dans un bruit assourdi. Kyun parait les coups de son adversaire tant bien que mal, mais la fatigue le gagnait.
Ruisselant de sueur, les pieds glissants dans ses spartiates lacées jusqu’au mollet, il accusa le choc du coup porté par son adversaire. Chutant élégamment sur son postérieur, les quatre fers en l’air, Kyun décida de demander grâce.
-Il est encore 100 ans trop tôt pour que tu me défie, petit ! Retourne donc jouer à la poupée pour le moment !
Vexé, Kyun siffla Krash, son robot-peluche. Chacun possédait au moins un robot, pour son usage et sa protection personnelle. En général il était délivré lors de la sixième année suivant la naissance de l’enfant et son apparence reflétait en partie la personnalité de son maître. Le domobot de Kyun l’accompagnait depuis ses 8 ans et avait subit de merveilleuses améliorations sous la direction de Shinshou ; notamment dans l’art du combat.
Quelques secondes et un maître escrimeur à terre plus tard, Kyun décida de rentrer s’occuper tendrement de ses peluch… de son frère !
Chemin faisant, il croisa l’expression narquoise de Thérébentine, accompagnée de son propre domobot. Les rouages délicieusement bodybuildés de ce dernier ne laissaient aucun doute quant aux passions de la jeune fille. Les paroles qui sortirent de sa bouche non plus d’ailleurs…
-Dis donc frérot, c’est moi ou tu frappes comme une fille ?!
Ignorant magistralement la pique fraternelle -ou fratricide, le doute est permis- Kyun dépassa son adorable sœur, se dirigeant vers les vestiaires.
-Enfin c’est vrai qu’avec une jupette pareille, t’as la cote mon p’tit gay !
Et d’un coup de main expert suite à 17 années d’entraînement quotidien, Thérébentine claqua les cuisses du jeune homme, soulevant allègrement la jupe de cuir au passage…
-Namého !! T’as b’soin d’aide peut-être ?! Hurla Kyun tout en arborant une délicate couleur rouge tomate (bien mûre, la tomate, d’ailleurs…)
-Ah merci je veux bien ! C’est toujours un tel plaisir de compter le nombre d’hématômes sur tes petites fesses musclées, ricana-t-elle. Visiblement j’ai perdu mon pari d’ailleurs. Je pensais que tu aurais 4 bleus supplémentaires, mais je n’en ai vu que 3 nouveaux… Tu pourrais tomber plus souvent par terre, quand même… Pense à ta gentille petite sœur qui vient de perdre son 2èmedomobot à cause de ton postérieur !
Assommant allègrement Thérébentine pour mettre fin à ses moqueries, Kyun se rua aux vestiaires pour échapper au catcheur d’acier de sa sœur.
Après avoir vérifié que le domobot ne le suivait plus, Kyun examina le sien du coin de l’œil.
-Si je veux rester en vie et garder un minimum d’amour-propre face à elle, il va falloir que tu retournes au labo de Shinshou, Krash… Un bon mètre de plus et un complément en adamantium ne seraient pas de trop !
Quittant sa parure sadomaso à tendance gay&girly, Kyun se dirigea vers les douches. Il attrapa au passage une savonnette tombée sur le sol dallé, une serviette puis rentra dans l’une des cabines.
La plupart des entraînements étant terminés depuis longtemps, la salle s’était vue envahie par une brume chaude et humide. Les nuages de vapeur empêchaient de voir à deux mètres et ouataient les sons s’échappant du vestiaire presque vide.
Kyun se glissa sous le jet d’eau chaude, ajoutant sa part à la moiteur ambiante. Plaquant ses mains contre le mur délicieusement frais, quoique humide, il laissa le liquide brûlant couler sur sa peau. L’eau chaude déliait ses muscles meurtris, le faisant gémir de soulagement. Veillant à ne pas faire glisser à nouveau la pauvre savonnette (qui n’avait rien demandé), l’adolescent se décrassa consciencieusement.
Le corps devenu aussi glissant que la savonnette et la cabine remplie de bulles iridescentes décidèrent Kyun à –enfin- mettre fin à ses ablutions (et aussi à arrêter de faire des bulles…). Il se rinça donc abondamment sous le filet d’eau chaude puis éteignit la douche et s’ébroua comme un chien, brisant définitivement le mythe –inexistant- de sa bogossitude.
Attrapant sa serviette Moltonel aux jolis motifs floraux (cousus ironiquement par sa chère sœur adorée), Kyun se sécha rapidement. L’esprit serein, le corps reposé, il sortit de sa cabine encore humide. Ses cheveux mi-longs aux reflets noir-bleutés laissaient couler de nombreuses gouttes d’eau sur sa nuque et le long de son dos. Frissonnant sous la fraîche caresse des gouttelettes glissant jusqu’au creux de ses reins, Kyun décida de remuer son popotin bleui et meurtri jusqu’à son vestiaire.
**
Et là, c’est le drame…
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THEREBEEEENTIIIIIIIIIIIIINE !!!!!!!
Le hurlement bestial -quoique partant vachement dans les aigûs, quand même…- s’échappa des vestiaires, brisa quelques vitres ainsi qu’un verre en cristal perdu dans le coin depuis la dernière sauterie du comte. Ce jour-là, de nombreux courtisans saignèrent des oreilles et le taux de surdité fut multiplié par 4, sans que l’ont pût jamais en découvrir la raison… Le cri strident, donc, se promena dans les couloirs et finit par atteindre le canal auditif d’une jeune fille. Ayant enfin reçu le signal tant attendu, Thérébentine reprit donc son chemin, ricanant bêtement face à la réussite de son plan machiavélique…
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